l’Intrapreneuriat est-il l’avenir du salariat?

l'Intrapreneuriat est-il l'avenir du salariat

Les bouleversements de l’ère numérique obligent à changer nos mentalités. Si l’ère industrielle était bien adaptée aux entreprises hiérarchiques remplies de salariés obéissants. A l’ère numérique, les entreprises ont besoin de salariés qui savent être autonomes, responsables, et peuvent sortir d’un cadre pour apporter des réponses créatives. L’intrapreneuriat pourrait être une idée pour permettre aux salariés d’évoluer vers le monde du travail de l’ère numérique.

Le monde du travail semble être polarisé en 2 catégories:

  • Les salariés: ceux dont la motivation principale est la sécurité financière. Ils s’ennuient dans leur travail salarié, et supportent cet ennui dans la perspective d’arriver à  la retraite pour commencer à profiter de la vie, avec toutes les économies qu’ils ont mises de côté.
  • Les entrepreneurs: ceux qui veulent s’épanouir, et décider de leur vie. Ils refusent d’avoir une vie automatique, et écouter une hiérarchie qui leur dit ce qu’ils doivent faire. Ils veulent prendre leur vie en main, et créer leur activité.

Le choix est donc difficile entre l’ennui du salarié, avec sa sécurité financière, et la liberté de l’entrepreneur avec l’inquiétude inhérente.

N’existe t’il pas une voie du milieu dans laquelle on parvient à donner de la sécurité aux employés tout en leur donnant la liberté et l’autonomie de lancer leurs projets en tant qu’intrapreneur.

J’ai tellement souffert de l’absurdité de beaucoup d’aspects du travail salarié que je voulais refaire le point sur ce thème, en prenant un peu de recul. Et dans cet article, je souhaite réfléchir à comment nous allons parvenir à sortir de ce modèle du salariat qui n’est plus adapté à l’économie actuelle.

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les changements liés aux outils numériques

Grâce aux outils de l’ère numérique, nous avons la possibilité de travailler de partout et à n’importe quel moment. Cela permet à certaines entreprises de pouvoir proposer ce qu’on appelle le télétravail à ses salariés. Le télétravail est la possibilité de travailler de chez soi, ou d’un lieu près de chez soi, et ainsi éviter les longues heures perdues lors des trajets Domicile-Travail.

Pour de nombreuses raisons, le télétravail ne convient pas à tout le monde. Certains peuvent ressentir de l’isolement, ils ont besoins du contact avec leurs collègues. D’autres ont besoin de cadre, et de bien séparer leur vie personnelle et professionnelle. Ou tout simplement, certaines personnes ne parviendront pas à travailler si elles ne sont pas dans un lieu, ou on se sent surveillé et donc obligé de travailler. Un collègue m’a un jour confié que pour lui le télétravail était une blague, et que le jour où il serait en télétravail, cela signifierait qu’il ne fait rien.

Cela n’est pas facile de gérer sa liberté.

La possibilité de travailler de n’importe où peut sembler être un avantage pour les salariés qui recherchent de l’autonomie dans leur travail. Pourtant, même pour ceux-là, il n’est pas si simple de travailler en toute autonomie après avoir fonctionné pendant des années selon le fameux principe du lien de subordination du contrat de travail des salariés français.

Du côté de l’organisation de l’entreprise, il est également difficile de changer de culture. La hiérarchie et le contrôle ayant toujours bien fonctionné: pourquoi changer?

Comment obtenir de l’engagement?

De la satisfaction à l’engagement

Pour parvenir à une situation dans laquelle, une entreprise peut laisser plus d’autonomie à ses employés, il est important d’avoir un bon niveau d’engagement dans son travail.

Or d’après un célèbre sondage de l’institut gallup, seulement 11% des français sont engagés dans leur travail. Et Isaac Getz, dans son essai Liberté&Cie, avait surfé sur ce sondage pour proposer son alternative au désengagement des salariés: l’entreprise libérée. Comme pour tous les sondages, il faut faire attention à la question posée, on parle d’engagement. Dans un sondage similaire, l’institut Gallup évalue la satisfaction des salariés à 70%.

Cependant, pour laisser plus d’autonomie aux salariés, il y a besoin de plus que de la simple satisfaction, un véritable engagement est nécessaire. L’engagement ne se décrète pas, il ne peut pas être acheté: on n’obtiendra jamais d’engagement des employés, en leur versant une prime supplémentaire.

Les défauts de la culture d’entreprise par objectif

Lorsque j’ai commencé mon travail salarié, j’étais très engagé dans mon travail.J’y passais du temps,  et j’étais consciencieux. Puis j’ai compris que mon engagement n’était pas récompensé. Et c’était même le contraire: ce qui était encouragé, c’était seulement de réaliser ses objectifs. Je me suis dit, pourquoi me fatiguer à m’engager, alors qu’on ne me demande que de réaliser ses objectifs. J’ai essayé de ne faire que mes objectifs. Mais j’ai trouvé le système d’objectif si absurde, que j’ai quitté mon entreprise après 15 ans. Je suis passé de très engagé, à extrêmement désengagé.

Voilà une vidéo que j’ai enregistrée à l’époque pour marquer mon fort désenchantement.

Parvenir maintenant à faire changer de mentalité les milliers d’employés à s’engager est un vrai défi.

Le manager coach

Dans le système actuel des entreprises fait de managers, le changement ne peut venir principalement de la façon de manager. Pour autonomiser les employés et augmenter leur engagement, il faut mettre le salarié dans une situation où il va pouvoir donner le meilleur de lui-même. Il faut partir de ses forces, et encourager le salarié à les améliorer, et non à lui demander de travailler ses points faibles. Un manager coach parviendra à obtenir de l’engagement en partant d’une connaissance fine de la personnalité du salarié et en gérant ses compétences de façon individualisée. L’engagement du salarié sera obtenu, si cela est couplé à son épanouissement.

La réponse de l’intrapreneuriat

L’idée d’intrapreneur

Pour les nouveaux travailleurs de l’ère numérique, l’autonomie est centrale, et les entreprises vont répondre en partie à cela par l’intrapreneuriat. Un intrapreneur, c’est un entrepreneur en interne à l’entreprise. Comme un entrepreneur, l’idée est que l’intrapreneur gère les projets en prenant des risques, en expérimentant, en rebondissant sur chaque opportunité, en contournant la hiérarchie si besoin, et avec un objectif de résultat.

Le but est de se rapprocher de la flexibilité des startups avec des décisions rapides, et de coller aux besoins d’innovations qui ne peuvent plus se faire selon un processus classique de recherche et développement.

Avantages de l’intrapreneuriat pour les grandes entreprises

Pour les entreprises, l’intrapreneuriat est un outil de fidélisation des employés, car il valorise l’autonomie et la responsabilisation. Ce qui est recherché par les meilleurs profils. L’intrapreneuriat est amené à se développer car il répond à une attente des salariés, aux progrès technologiques, et aux besoins des entreprises d’insuffler de la créativité et de la réactivité.

Par sa flexibilité, l’intrapreneuriat permet également de réaliser des économies en raccourcissant les processus lourds habituels des grandes entreprises, et en améliorant la productivité.

Enfin, les grandes entreprises peuvent augmenter le taux de satisfaction de la tranche de leurs employés qui ont l’esprit entrepreneurial. Les ressources humaines vont détecter des profils « déviants » pour en tirer profit, et insuffler des nouvelles valeurs utiles à l’économie d’aujourd’hui, au sein des entreprises. Les grandes entreprises pourront utiliser ce vivier de salariés engagés pour mettre en place des projets rapidement.

Difficultés de l’intrapreneuriat dans la grande entreprise

Il est difficile de se comporter en intrapreneur dans des organisations qui reposent sur le contrôle, et la hiérarchie. C’est un risque pour l’entreprise, car l’intrapreneur est indépendant. De plus, l’intrapreneuriat peut susciter méfiance et jalousie de la part des autres salariés.

Comment gérer côte à côte des projets menés de façon classique et des projets d’intrapreneuriat au sein des entreprises?

Entrepreneur versus Intrapreneur

L’intrapreneur va obtenir l’autonomie et la responsabilisation d’un entrepreneur.

En fait, ce qui fait la motivation de l’entrepreneur, c’est de travailler pour lui, avec sa propre stratégie. Lorsqu’il prend des risques, c’est un vrai risque calculé lié à sa stratégie, et à ses moyens limités.

De son côté, l’intrapreneur reste un employé d’une entreprise pour laquelle il travaille, et qui récoltera les fruits de son travail contre un salaire. comment gardera-t-il sa motivation?
Est-il prêt à mettre toute son énergie pour enrichir son employeur?
Pour son projet, l’entreprise va lui allouer un budget. N’est-ce pas trop facile de prendre des risques avec le budget d’une entreprise?

L’intrapreneuriat est elle la solution?

Il semble qu’il y ait une demande croissante des salariés pour l’intrapreneuriat. Cela semble être gagnant-gagnant. L’intrapreneur obtient l’autonomisation et la responsabilisation. Et L’entreprise obtient des chefs de projets réactifs, créatifs , et prêt à concurrencer les startups.

Pourtant, il reste des difficultés du côté des entreprises à fonctionner avec des intrapreneurs. Et l’intrapreneur n’a pas réellement l’état d’esprit de l’entrepreneur.

Jusqu’où les entreprises seront réellement prêtes à aller pour financer les intrapreneurs?

Dans tous les cas, l’intrapreneuriat permet de faire changer les mentalités au sein des entreprises. En donnant plus d’autonomie à leurs employés, elles expérimentent une nouvelle façon de considérer leur organisation de façon moins hiérarchique.

 

 

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