Pourquoi l’innovation des grandes entreprises est difficile ?

Pourquoi l'innovation des grandes entreprises est difficile

A notre époque, où tout change très vite, la course à l’innovation des grandes entreprises est une question de survie. Il ne faut pas considérer seulement la course à l’innovation des produits et services. Tout doit faire l’objet de réflexions sur l’innovation : la distribution, la recherche, la conception, le service après-vente.  Et tout cela doit être fait dans une logique multi-disciplinaire.

L’innovation par la recherche et développement classique ne suffit plus car elle nécessite du temps pour éclore. Or les nouveaux entrants imposent un rythme rapide, imposant une réactivité aux grands groupes. Le time to market (le délai entre la conception d’un produit, et son lancement sur le marché) s’est considérablement réduit, et tout est à réinventer dans un temps record.
Les grandes entreprises doivent apprendre à gérer l’imprévisible en étant plus réactif que prédictif. C’est pour cela que découvrir une nouvelle façon de travailler au sein de ces grandes entreprises est essentiel.

 

Comment avoir des idées pour innover?

Une technique de générations d’idées selon Cédric Vilani

Cédric Villani, dans son ouvrage Théorème vivant, défini 7 ingrédients pour générer une idée:

  • La motivation: il faut savoir pourquoi on veut trouver de nouvelles idées.
  • La documentation: c’est tout ce qui va nourrir notre cerveau: encyclopédies, livres, articles, résultats d’expérience, …
  • Les rencontres: il est important de se mettre dans des conditions propices aux rencontres les plus diverses; la génération d’idées dépend également de facteurs extérieurs.
  • L’échange: la conversation est essentielle pour avoir une idée, elle se construit sur la base du respect et de l’écoute. Il vaut mieux prioriser les échanges avec des personnes qui n’ont pas le même point de vue. Cela permet la confrontation avec d’autres personnes qui entraîne une fertilisation croisée des points de vue pour une production possible des idées
  • Les contraintes permettent de guider l’innovation. S’il n’y a pas de contraintes, les possibilités sont trop infinies, et on se disperse.
  • L’alternance travail et intuition, où s’alterne travail intense, et moments de repos où l’on s’extrait de ce sur quoi on se focalise. C’est souvent dans les moments où l’on s’y attend le moins que l’idée nouvelle arrive.
  • la persévérance: La plupart des idées ne marchent pas, il faut persévérer, et au bout d’un moment, il arrive 1 idée qui sera la bonne.

Générer des idées innovantes n’est pas simple.

Pourquoi les grandes entreprises ne parviennent pas générer d’idées nouvelles?

Les grandes entreprises passées aux critères de génération d’idées de Cedric Vilani

Tout d’abord, il y a le manque de motivation. Lorsque vous êtes un grand groupe établi et stable, il est difficile de trouver des raisons de pourquoi changer. Les employés sont plutôt découragés de sortir du cadre stable.

L’environnement des grandes entreprises n’est pas propice aux rencontres variées: les individus semblables en terme de culture et de connaissance sont rassemblées en équipe. Et il est rare que des personnes fassent l’effort de s’aventurer à rencontrer des personnes différentes.

Les échanges au sein des grandes entreprises sont très codifiées, et empêchent de sortir d’un cadre qui permettrait des échanges plus divers menant à la génération d’idées.

Les contraintes sont faibles pour une entreprise possédant un capital financier important. Cela empêche de parvenir à se focaliser sur ce que l’on cherche à innover précisément. Il va y avoir du budget d’innovation saupoudré un peu partout.

Dans les grandes entreprises, chacun vient faire son travail, et a des objectifs précis. Lorsqu’ils sortent de leur travail, personne ne va prendre le temps de flâner, qui est le moment où les idées nouvelles émergent.

Dans une grande entreprise, vous avez des objectifs, si vous ne les atteignez pas, c’est un échec. Vous ne pouvez pas vous permettre de persévérer à accumuler des échecs. Comme vous évitez l’échec, vous ne pouvez pas trouver de nouvelles idées.

Cette vision, est volontairement la plus pessimiste. Cependant, même si des grandes entreprises tentent de créer des équipes dédiées à l’innovation. Très souvent, au moins 2 ou 3  ingrédients pour la génération d’idées ne seront pas au rendez-vous!

La structure et l’état d’esprit des grandes entreprises n’est pas adaptée à la génération d’idées.

L’innovation des grandes entreprises est difficile car elles ont besoin de générer des nouvelles idées et sont incapables de le faire seule. La structure et l’état d’esprit des grandes entreprises les empêchent de générer des idées. Très souvent encore, la structure des grands groupes est faîtes en Silo.

Chaque directeur ou « Vice Président » gère son département comme un seigneur du moyen-âge gérait son fief. Son département lui appartient, et il est en guerre contre les départements voisins. Il y a une compétition entre les départements techniques, marketing, finance, …, ou chaque Vice Président tente d’obtenir le plus de pouvoir. Les Vices Présidents peuvent faire des alliances, par exemple, dans un temps, où le seul mot à la bouche de tous sera « Réduction budgétaire, le directeur technique et le directeur marketing devront s’allier contre celui des finances, pour parvenir à faire passer un projet.

Cette compétition ne peut pas aider l’innovation. Car innover, c’est prendre le risque d’échouer. Et dans cette ambiance de compétition entre fiefs, vous n’avez pas le droits d’échouer sous peine de perdre votre fief.

La nécessité de collaborer pour innover

Innover est devenu très complexe dans beaucoup des cas, et aucune entreprise ne peut plus assurer à elle seule la recherche et le développement. Le time to market (le délai entre la conception d’un produit, et son lancement sur le marché) s’est considérablement réduit.

La conjonction de la complexité, et de la contrainte de temps fait que les entreprises doivent passer à l’innovation ouverte. C’est un mode d’innovation basée sur la coopération entre entreprises dans laquelle, il y a une démarche concernant le partage de savoirs. . Ainsi pour l’innovation dans les télécom mobiles, les grands opérateurs et les grands constructeurs d’équipement télécom se rencontrent dans des forums pour inventer ensemble les prochaines génération de télécom mobile: 3G, 4G, 5G, ….

La recherche de complémentarité Grands groupes – Startup

Pour améliorer l’innovation des grandes entreprises, en s’aidant des startup, le but est de parvenir à une situation gagnant-gagnant dans laquelle chaque entreprise de l’accord va apporter des qualités complémentaires à l’autre.

Par exemple, On peut trouver une grande complémentarité entre des grandes entreprises qui ont un fort capital et une base de client importante, mais doivent se transformer, et des start-ups cherchant des financements et qui possèdent des technologies, des services innovants et une approche disruptive du business.

Les Startup savent générer des idées, car c’est la nature d’une start-up de booster son chiffre d’affaire rapidement. Pour cela elles mettent en place des processus innovants et disruptifs pour générer de la rupture.

Les grands groupes vont avoir une démarche « Outside-in »: c’est-à-dire qu’ils vont chercher à l’extérieur de l’entreprise des ressources, ou de l’inspiration pour impulser des nouvelles idées à l’intérieur de leur entreprise. Ils vont également avoir une démarche « Inside-out » en mettant  à disposition le savoir faire et les  compétences de l’entreprise à destination de son écosystème.

Mise en place de partenariats Grands groupes – Startup

La mise en place des échanges entre grandes entreprises et startup est le meilleur moyen pour créer des innovations de rupture. Cela fait sortir les grandes entreprises de leur zone de confort, avec des notions de risque, d’expérimentation et de disruption qui sont centrales chez les startup.

Les grands groupes créent des incubateurs et accélérateurs pour héberger des start-up et comprendre comment elle fonctionne. Ils organisent également des concours pour avoir accès aux start-up qui travaillent sur le même marché que le leur, comme les Hackathons qui rassemblent des développeurs, designers, ergonomes le temps d’un week end pour développer des interfaces innovantes.

La culture du lean startup

Au centre de la création d’une startup, il y a la recherche d’une grande efficacité avec un grand pragmatisme. On teste en permanence la vision de son marché de son business, de ses clients, de ses produits ou services et on adapte en temps réel son business model. Des outils comme le lean canvas ou le business canvas où l’on peut faire tenir le business model d’une entreprise sur une seul page illustre bien l’approche pragmatique.

Les startups apportent un changement de culture, notamment en ce qui concerne les méthodes managériales: échouer, recommencer, et ne pas s’embarrasser de process lourds. La culture de l’échec est incontournable dans tout process d’innovation. Or souvent, dans les grandes entreprises, l’échec est tabou et stigmatisé. Le but n’est pas de rechercher l’échec, mais d’apprendre de ses erreurs et tester à nouveau. Il faut être persévérant, et laisser la place à la sérendipité, c’est-à-dire laisser entrer le hasard dans l’entreprise.

 

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