La disparition du travail salarié est une bonne nouvelle?

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Depuis que je suis né, vers les années 1970, j’ai toujours entendu que le taux de chômage était trop élevé. Et tous les programmes politiques des 40 dernières années nous expliquent qu’ils ont pour objectif de retrouver le plein emploi. Je pense qu’il faut vraiment changer les façons de penser, et se dire que le plein emploi tel qu’il a existé entre les années 1950-1970 n’existera probablement plus jamais. En faisant ce deuil du plein emploi, cela nous permettra de passer à autre chose. Cette idée de plein emploi est liée au salariat, c’est à dire que lorsqu’on parle du plein emploi, cela semble présupposer que pour obtenir le plein emploi, il suffirait de remplir les entreprises de salariés. Mais pour faire quoi? Occuper les gens à faire des tâches répétitives qui peuvent être réalisé par des ordinateurs? Le plein emploi salarié des « 30 glorieuses » ne se reproduira pas, et pourquoi ne pas prendre comme une bonne nouvelle la disparition du travail salarié?

Lire aussi l’article Pourquoi le travail salarié ne fait plus rêver

Comment le salariat peut-il fonctionner?

Le salariat est un phénomène récent qui date de la révolution industrielle. Il est apparu lorsque des projets de grandes ampleurs ont nécessité d’importantes ressources humaines pour produire dans les usines, ou vendre dans les grands magasins. Le salariat a pu existé grâce à 2 choses:

1. On assimile le temps de travail au temps de présence

C’est typiquement le cas du travail à la chaîne dans lequel chaque tâche prend un temps mesurable. Toutes ces tâches permettent de construire un objet qui a un prix déterminé, comme une voiture. Il est donc possible de payer chaque salarié par rapport au temps passé à faire ses tâches qui ont permis de produire une voiture.

Le temps de chaque salarié est mesuré par une pointeuse. Et le salarié reçoit un salaire correspondant à son temps passé dans l’entreprise et qui correspond à un certains nombre de tâches effectuées pour produire la voiture.

2. On peut stocker

La possibilité de stocker la production des salariés permet de continuer à payer des salariés à produire, même si on ne peut pas vendre. Par exemple dans l’industrie auto: lors des baisses de demandes clients, les salariés peuvent continuer à produire des autos. Et on peut stocker les véhicules produits en attendant que la demande des clients reprenne.

Normalement, le travail à produire est contraint par la demande des clients. Et lorsqu’il n’y a pas de demandes client, le travail être contraint par la hiérarchie qui va anticiper sur une demande client.

3. La hiérarchie

Le fonctionnement hiérarchique permet d’organiser le travail des salariés, notamment dans les périodes où la demande client est faible, et que le travail à effectuer n’est pas clair.

Lire également mon article concernant la hiérarchie

Pourquoi le salariat ne peut il plus fonctionner aujourd’hui?

Aujourd’hui, le travail est de plus en plus intellectuel, et de moins en moins manuel. Le travail intellectuel ne peut pas être mesuré par rapport au temps passé, et ne peut pas être stocké. Comment concilier le salariat avec les nouveaux besoins du monde du travail?

1. Le travail intellectuel ne peut pas être mesuré en temps

De façon générale, le travail intellectuel n’est pas mesurable en temps. Comment trouver des moyens de mesurer le travail intellectuel pour pouvoir proposer une rémunération salariale correspondant au travail fourni?

Lorsque je travaillais en tant que chef de projet, nous nous sommes posés la question d’introduire des indicateurs de mesure de notre travail. Nous sommes arrivés à mettre un indicateur sur le nombre de projets réalisés. Or cet indicateur n’avait aucun sens par rapport au temps passé, car il y a des projets bien plus difficile à mener que d’autres, même s’ils ont l’air semblable au premiers abords. En mettant en place un tel indicateur, il valait donc mieux réaliser un maximum de projets de mauvaises qualités que de bien réussir ses projets.

En essayant de trouver comment introduire un indicateur quantitatif, on arrivait donc à un effet pervers du système dans lequel, il valait mieux mal travailler, pour trouver une cohérence avec le salariat et le temps de présence.

Or bien entendu, cela va à l’encontre de l’intérêt de l’entreprise, et des humains qui la compose.

Nous avons essayé d’autres indicateurs, comme compter le nombre d’email envoyés, ce qui ne mesurait évidemment rien par rapport au travail fourni.

Nous n’avons jamais trouvé comment mesurer notre travail, et nous sommes restés à utiliser des critères de mesure qui ne correspondaient pas au travail fourni, et pouvaient mêmes avoir des effets pervers s’ils avaient été appliqués à la lettre.

2. On ne peut pas stocker le travail intellectuel

Lorsqu’il n’y a pas de demande client, que peut on donner à faire au stock de cerveaux des salariés qui restent à ne rien faire dans un open space?

On va alors soit donner un travail à faire totalement inutile pour occuper les salariés, soit les salariés ne font rien. Dans tous les cas, ce stock de personnes qui restent à ne rien faire dans un open space ne sera jamais utilisé ou récupéré.
Ainsi, quand il n’y a pas de demande client, comme l’activité intellectuelle ne peut pas être stockée, la hiérarchie trouvera des activités qui serviront ou pas, comme refaire un processus pour optimiser le travail futur qui arrivera … ou pas!

Lorsque j’étais ingénieur télécom, et que l’activité diminuait, je restais débordé de travail à réfléchir comment optimiser un process, ou démarrer un projet dans un nouveau domaine, au cas où une demande client se ferait.

J’étais payé à faire des choses inutiles, qui occupaient beaucoup de mon temps. C’est-à-dire que j’étais payé à m’ennuyer pour le temps passé. Et c’était assez démotivant. De plus l’entreprise qui m’employait retirait assez peu de plus-value par rapport au salaire payé.

La disparition du travail salarié

A notre époque, les usines ont remplacés massivement les ouvriers par des robots pour effectuer leur production. Les ordinateurs deviennent de plus en plus performant, et seront bientôt capable de remplacer la majorité des tâches administratives, et mêmes des tâches nécessitant une activité intellectuelle supérieure. C’est à dire que toutes les tâches qui peuvent être clairement définies vont pouvoir être exécutée par des machines.

Nous arrivons dans une époque où tout le travail ennuyeux va être délégué à des machines. Tous les travaux qui étaient effectués par des salariés qui échangeaient leur temps contre de l’argent va être effectué par des robots et des ordinateurs.

De nos jours, les produits sont renouvelés à une telle vitesse, et les modes changent tellement vite, que la demande client est de moins en moins prévisible et panifiable. Ce qui implique une charge de travail non homogène sur une durée de temps donnée.

Nous entrons donc un monde où nous aurons de moins en moins besoin de salariés qui échangent de leurs temps contre de l’argent.

N’est-ce pas une bonne nouvelle que d’avoir l’opportunité de ce débarrasser du salariat qu’on pourrait comparer à une forme d’esclavage moderne?

Et si nous prenions cette opportunité pour reconstruire la façon dont nous organisons notre société?

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