L’Âge d’Or de l’Avenir

Le rideau s’est levé devant mes yeux débiles,
La lumière s’est faite et j’ai vu ses splendeurs ;
J’ai compris nos destins par ces ombres mobiles
Qui se peignaient en noir sur de vives couleurs.
Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures,
Ces ombres, du passé les magiques figures,
J’ai tressailli de joie en voyant nos grandeurs.
Il est donc vrai que l’homme est monté par lui-même
Jusqu’aux sommets glacés de sa vaste raison,
Qu’il y peut vivre en paix sans plainte et sans blasphème,
Et mesurer le monde et sonder l’horizon.
Il sait que l’univers l’écrase et le dévore ;
Plus grand que l’univers qu’il juge et qui l’ignore,
Le Berger a lui-même éclairé sa maison.

Alfred de Vigny (1797-1863)

Je ne suis pas un grand littéraire, et je suis tombé par hasard sur ce poême d’Alfred de Vigny, et j’y ai vu un optimisme dans la recherche du bonheur perdu depuis de l’âge d’or. Dans la mythologie gréco-latine,  l’âge d’or est le premier temps des hommes, le temps heureux par excellence, c’est l’harmonie de l’homme et de la nature, d’une nature généreuse qui dispense du travail ; harmonie de l’homme avec lui-même – il n’y a pas de guerre et nul besoin de se défendre : nous avons là les conditions essentielles de de la vie heureuse, telle qu’on la pense communément. Mais ce bonheur serait derrière-nous, il serait propre à la jeunesse du monde. Nous avons été bercés dans cette culture gréco romaine, dans laquelle on nous persuade que l’humain va dans une direction de plus de malheur, et s’éloigne du bonheur. Ainsi après l’âge d’or, la mythologie gréco-latine définit:

  • l’âge d’argent introduit le malheur lié au temps : à l’éternel printemps, vont succéder les quatre saisons, où l’homme va devoir se protéger du froid ou des chaleurs de l’été, où il lui faudra travailler pour se nourrir.
  • Puis vient l’âge d’airain où la guerre s’empare du coeur des hommes.
  • Et c’est enfin l’âge de fer, celui où, en plus de la guerre, « Tous les crimes se répandirent avec lui sur la terre »

On retrouve cette notion de bonheur perdu dans beaucoup de culture: la tradition judéo-chrétienne telle qu’elle est exposée dans le récit de la genèse nous décrit une existence originelle (avec le jardin d’Eden, Adam et Eve) heureuse et paisible, qui ne dure pas. Le Mahabharata, le livre majeur de l’hindouisme, commence lui aussi par le récit de l’âge d’or et du déclin qui s’ensuit.

J’entends souvent ce pessimisme ambiant qui nous explique que c’était mieux avant, et que ce sera forcément pire après!

Pas d’utopie

NON, ce n’était pas spécialement mieux avant, il faut vivre avec son temps, et avec optimisme: il faut définir le bonheur dans l’avenir en tenant compte de sa complexité, il faut mettre la complexité du monde d’aujourd’hui au service de notre bonheur.

Source: http://denis-collin.viabloga.com/news/passe-et-futur-de-l-age-d-or-a-l-avenir-radieux

 

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